
Puy Griou
15800 Saint-Jacques-des-Blats
Cantal
45.0806° N, 2.7063° E
À propos
Un sommet au caractère unique
Visible à des kilomètres à la ronde, le puy Griou s'impose comme l'un des sommets les plus reconnaissables et les plus photographiés des monts du Cantal. Son cône élancé, d'une élégance presque géométrique, culmine à 1 690 mètres d'altitude sur la ligne de crête séparant les vallées de la Cère et de la Jordanne, à cheval sur les communes de Saint-Jacques-des-Blats et de Mandailles. Entre le puy Mary et le plomb du Cantal, le puy Griou forme une cheminée minérale saisissante qui concentre tous les regards sur le massif.
Son nom même est éloquent. En occitan aurillacois, puei griu vient de griea, terme signifiant pénible à monter. Les bergers et paysans qui fréquentaient ces pentes depuis des siècles avaient compris bien avant les randonneurs modernes ce que l'ascension du Griou exige d'efforts et de détermination.
Une géologie qui raconte 6 millions d'années
La géologie du puy Griou est aussi fascinante que sa silhouette. Ce sommet est constitué de phonolite, une roche volcanique de la famille des roches magmatiques dont le nom provient d'une propriété acoustique remarquable : frappés, les blocs de phonolite produisent un son clair et résonnant, semblable à celui d'une cloche. Cette particularité en fait une roche immédiatement reconnaissable sur le terrain.
Le puy Griou s'est mis en place il y a environ 6 millions d'années, postérieurement aux grandes phases éruptives paroxystiques du stratovolcan cantalien, situées entre 8,5 et 6,5 millions d'années. Sa position centrale dans le massif lui a longtemps valu d'être présenté comme la cheminée principale du volcan originel, une interprétation romantique que les géologues ont depuis nuancée. Le puy Griou est aujourd'hui reconnu comme un dôme de phonolite dont l'origine est analogue à d'autres formations du massif, comme le roc d'Hozières.
Durant les périodes froides du Quaternaire, le gel et le dégel répétés ont progressivement fragmenté la roche en lauzes, ces dalles naturelles caractéristiques, qui forment aujourd'hui un impressionnant manchon d'éboulis autour du cône. Ce travail millénaire de l'érosion a sculpté un paysage minéral d'une beauté brute et saisissante.
L'ascension, une expérience sensorielle totale
Gravir le puy Griou engage tous les sens. Les herbes hautes des pâturages d'altitude effleurent les mains au passage, les senteurs des troupeaux et des fleurs sauvages embaument l'air, et le tintement des cloches des vaches de race Salers résonne dans les combes environnantes. Les myrtilles et les framboises sauvages jalonnent le chemin, offrant une pause gourmande bienvenue lors de l'ascension. Et au sommet, la récompense visuelle est à la hauteur des efforts consentis.
L'itinéraire classique emprunte le GR 400, sentier de grande randonnée qui suit la ligne de crête entre le col du Pertus et le col de Rombière, à proximité de la station du Lioran. Au pied du dôme, un sentier dévie vers le sud pour les 200 derniers mètres de dénivelée, les plus raides et les plus exigeants de l'ascension. D'autres points de départ sont possibles depuis Les Chazes, Font de Cère, Mandailles ou directement depuis la station du Lioran, offrant des approches variées selon le niveau et les envies.
Un panorama royal sur le massif cantalien
Au sommet du puy Griou, le panorama qui s'offre au randonneur est proprement exceptionnel. Le regard embrasse l'intégralité du massif cantalien, du plomb du Cantal à 1 855 mètres au majestueux puy Mary, en passant par les profondes vallées glaciaires et les plateaux verdoyants parsemés de burons. Par temps clair, l'horizon s'élargit bien au-delà du Cantal, révélant la vaste étendue du Massif central dans toute sa grandeur. Une récompense à la mesure de l'ascension du puy griou, randonnée à la fois athlétique et inoubliable.